04
2010
Interview d’Anne Gresle, Directrice Développement Durable de SAUR
Ingénieur chimiste de formation, Anne Gresle devient Directrice Développement durable du groupe SAUR début 2009. Sa mission est de formaliser la stratégie en matière de développement durable, de mettre en place les plans d’actions associés tout en impliquant les collaborateurs. Le groupe SAUR gère les équipements municipaux des collectivités dans le domaine de l’eau (usines de traitement, réseaux) et des déchets (collecte, tri et traitement). Il intervient également sur les centres aquatiques, les terrains de golf, les campings et les funérariums. Aujourd’hui, SAUR compte 13 000 collaborateurs, présents en France et à l’étranger.
Graine de Sésame a interrogé Anne Gresle dans le cadre de la Journée Mondiale de l’eau. Portrait sur SAUR et sur les enjeux liés à l’eau.
Graine de Sésame: Quelle est la place du développement durable chez SAUR ?
Anne Gresle : Dès 1995, SAUR s’est engagé dans le développement durable en étant un des premiers groupes français à faire certifier ses installations selon les référentiels internationaux en matière de Qualité, de Sécurité et d’Environnement. La démarche développement durable du Groupe s’est étoffée progressivement pour devenir aujourd’hui un des axes stratégiques de l’entreprise. L’objectif est de répondre aux nouveaux besoins des collectivités et des industriels en matière d’excellence environnementale, d’énergies renouvelables sans oublier de progrès social. Saur travaille ainsi autour de quatre grands domaines d’action : préserver la santé et l’environnement, innover pour les territoires de demain, développer le potentiel des hommes et des femmes et s’engager pour un monde plus durable.
GdS: Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de l’eau. Les préoccupations varient en fonction de la zone géographique. Ici, en France, quels sont les enjeux liés à l’eau ?
Anne Gresle : Les enjeux en France sont principalement liés à la qualité des masses d’eau. La Directive cadre européenne sur l’eau de 2000 fixe comme objectif le bon état écologique des masses d’eau d’ici 2015 ce qui suppose de mettre en place des outils efficaces pour collecter et traiter les effluents issus des activités humaines, qu’ils soient d’origine domestique, industrielle ou agricole. En effet, l’homme introduit dans l’environnement des molécules complexes, les phytosanitaires par exemple, que la nature a du mal à biodégarder. Il a donc la responsabilité de leur élimination pour préserver l’environnement.
La gestion quantitative des ressources en eau est aussi un enjeu dans certaines zones, dans l’Ouest de la France par exemple. Quant à l’accès à l’eau pour tous, il reste malheureusement encore un axe de progrès pour les années à venir.
GdS: Quelles sont les actions de SAUR pour répondre aux enjeux que vous venez d’évoquer ?
Anne Gresle : SAUR a notamment pour mission de traiter les eaux usées et notre volonté est d’y parvenir efficacement dans un parfait respect de l’environnement. C’est pourquoi nous avons développé des procédés biologiques innovants comme MycET® (Mycellium ecological treatment) pour minimiser la production de boues, RHYZOSTEP® pour épurer les eaux des communes rurales avec des roseaux, AquaRM® et CompactRM® particulièrement adaptés aux contraintes des milieux sensibles et des zones littorales.
Nos équipes de recherche & développement travaillent également sur des méthodes innovantes pour suivre la qualité des eaux, notamment des eaux de baignade, sujet sur lequel les directives européennes sont de plus en plus exigeantes.

En lien avec les collectivités, nous menons des actions de concertation sur la gestion locale des ressources en eau. Il peut s’agir par exemple de la mise en place de périmètres de protection des captages d’eaux souterraines, dans la logique du Grenelle de l’environnement, ou encore de la sécurisation de la production d’eau potable lorsque la ressource en eau devient inutilisable, suite à une pollution ou à une période de sécheresse. Nous proposons alors aux collectivités des solutions, comme ce fut le cas en 2003 à Belle Ile où, nous avons dans un premier temps importé de l’eau douce en provenance du continent puis mis en place une unité de dessalement d’eau de mer.
GdS: Et qu’en est-il des catastrophes naturelles ? Nous vous avons vu intervenir lors du passage de la tempête de Xynthia. Comment avez-vous géré cette crise ? Etiez-vous préparés ?
Anne Gresle : SAUR a réagi très rapidement après le passage de Xynthia. Nous avions mis en place une procédure de gestion de crise et établi une base de données pour mobiliser dans un temps très court notre personnel à toute heure du jour et de la nuit. Nous avions, aussi stocké de l’eau en bouteille. Au moment où l’on nous a annoncé l’arrivée de la tempête, SAUR était sur le qui-vive, mais nous ne nous n’attendions pas à un phénomène d’une telle ampleur.

Dès le lendemain, SAUR a mené des analyses bactériologiques de l’eau et nous avons aidé les pompiers dans leurs opérations de pompage. Lorsque l’eau était impropre à la consommation, nos équipes locales ont adressé à la population des messages de ne pas consommer d’eau. Nous avons déployé une logistique pour distribuer de l’eau potable aux populations sinistrées. La remise en état des réseaux d’eau et des installations endommagées a également fait partie de nos priotités.
GdS: Comment parvenez-vous à sensibiliser le grand public sur les enjeux de l’eau ?
Anne Gresle : Nos actions s’adressent surtout aux jeunes, en leur faisant visiter nos installations de traitement d’eau ou de déchets, et en les sensibilisant sur les gestes éco-responsables contre le gaspillage, le déversement de produits chimiques dans l’eau ou pour le tri des déchets.
Nous travaillons en lien avec le monde éducatif et les territoires. Dans le Morbihan, en partenariat avec le Conseil général et l’accadémie de Rennes, nous avons lancé en 2006 l’opération « Classe H₂0 ». C’est un projet pédagogique dédié aux élèves de collèges et basé sur l’enseignement du cycle de l’eau et la protection des ressources.
GdS: Le 17 mars, l’équipe de coureurs cyclistes SAUR-SOJASUN et ses partenaires ont signé une charte sur le développement durable. Quels sont les engagements qui y figurent ?
Anne Gresle : L’équipe SAUR SOJASUN s’engage à appliquer une démarche de développement durable, une première dans le monde du cyclisme. La charte est structurée autour de sept engagements qui concernent la solidarité, le respect de l’environnement et des territoires ainsi que la protection de la santé.
Les maillots de l’équipe sont composés de fibres recyclées et contiennent une poche « poubelle » sur le devant pour éviter de jeter les détritus dans la nature. Les coureurs sont tellement attachés à cette cause qu’ils ont demandé aux organisateurs de courses de reprendre cette idée pour les maillots « leaders ». Les bidons sont biodégradables et les véhicules de l’équipe émettent moins de 140 gCO2/km. Et tout cela n’est qu’un début, l’équipe et ses sponsors ont d’autres idées pour aller plus loin.
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