>> Acteurs durables
06
2010
Christine Grèzes, Bouygues Construction, « Plusieurs actions ont été mises en place pour impliquer nos collaborateurs »
Depuis 2007, Christine Grèzes est à la tête de la direction développement durable de Bouygues Construction. Elle s’est employée à instaurer au sein des différents métiers de Bouygues Construction une dynamique de groupe en faveur du développement durable.
Graine de Sésame : Quelles ont été vos motivations premières pour accepter ce type de responsabilité ?
Christine Grèzes : Lors de ma prise de fonction, le dĂ©veloppement durable ne m’était pas tout Ă fait Ă©tranger. J’ai dĂ©butĂ© ma carrière en tant que consultante, avec une spĂ©cialisation dans la conduite du changement. Ensuite, j’ai intĂ©grĂ© la direction de la communication de Saur dans laquelle j’ai travaillĂ© sur la valorisation de sa politique de dĂ©veloppement durable. Après cette expĂ©rience, j’ai rejoint Bouygues Construction. J’ai participĂ© Ă la conception de la dĂ©marche de dĂ©veloppement durable de Bouygues Construction pendant toute l’annĂ©e 2006. A l’issue de cette rĂ©flexion, Yves Gabriel (P-DG de Bouygues Construction) m’a proposĂ© de prendre en charge la Direction du DĂ©veloppement durable…
Vous animez un Comité Développement durable Bouygues Construction. Quel est l’objectif de ce Comité ?
L’objectif de ce Comité est de coordonner la démarche « Actitudes », notre programme Développement durable. Il réunit les responsables développement durable de nos principales fonctions support et entités opérationnelles. Le Comité impulse une dynamique sur un certain nombre de sujets transverses et favorise le partage des bonnes pratiques. Au départ, nous nous réunissions tous les mois, maintenant nous nous rencontrons tous les deux mois.
Outre ce Comité, nous avons constitué un réseau d’une centaine de correspondants développement durable. Chaque filiale a nommé ses correspondants, généralement des ingénieurs QSE, des responsables techniques ou encore RH. Pour les former, nous avons conçu un cycle d’apprentissage de six jours sur la construction durable, les aspects sociaux du développement durable et sur la conduite du changement. Aujourd’hui, nous finalisons un référentiel des missions et compétences des correspondants développement durable pour mieux asseoir leur mission.
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juin 9, 2010
05
2010
Ibrahim el Ali, Président de la Fondation BlueGreen : « Les pays du Sud doivent cesser d’être attentistes »
Ibrahim el Ali est un Libanais né au Sénégal et vivant en France. Il y a quatre ans, il délaisse sa société d’import/export pour se consacrer à la préservation de la nature en Afrique et sur le pourtour méditerranéen. Citoyen du monde, il est souvent invité par les organisations internationales et les médias pour livrer son regard d’homme de terrain.
Graine de Sésame : Qu’est-ce qui vous a poussé à abandonner votre carrière d’homme d’affaires pour vous consacrer aux causes environnementales ?
Ibrahim el Ali : Avant de me consacrer à mes associations, j’étais dans l’import/export de produits alimentaires à Rungis. J’ai commencé à m’intéresser à l’écologie lorsque je rendais visite à mon grand frère, Haidar el Ali, au Sénégal. A ses côtés, j’ai participé à des actions visant à protéger la biodiversité africaine. Une fois rentré en France, je retrouvais mes habitudes. Puis, il y a eu le décès de ma mère. Je suis parti au Liban pour l’enterrer et j’ai redécouvert mon pays. Le Liban est un pays riche d’une biodiversité menacée par les conflits, son urbanisme et son agriculture intensive. Je devais réagir à ma façon. J’ai créé ma première association Mawassen Khair (moisson de la bienfaisance). Avec des petits moyens, je mène des actions de protection de la nature.
Quels étaient les moyens financiers, humains dont vous disposiez pour réaliser vos projets?
Ibrahim el Ali : L’ONG Mawassen Khair prouve que la protection de l’environnement est une question de volonté et non de moyens. Mawassen Khair est constituée d’une petite équipe de vingt personnes. Après le conflit de juillet 2006, nous avons participé, avec la FINUL, au déminage de 4 000 bombes en sept mois. Le procédé était simple. Nous avons impliqué les chefs religieux pour qu’ils demandent aux habitants des villes du Sud de nous prévenir s’ils voyaient un obus pour le désamorcer. Ensuite, nous avons reboisé les zones pour reconstituer un écosystème. Cela nous a coûté peu d’argent, car nous avons impliqué tous les acteurs de la société. Les actions environnementales doivent obéir au mouvement du haut vers le bas et du bas vers le haut. Ce qui veut dire que les actions ou les initiatives doivent être issus des acteurs publics et des citoyens.
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mai 21, 2010
04
2010
Interview de Jean-Pierre Sicard, directeur général délégué de CDC Climat

Impliqué depuis 15 ans dans la réflexion sur le changement climatique, la Caisse des Dépôts aborde cette année un tournant avec la création de CDC Climat. Cette nouvelle filiale devrait permettre à la Caisse des Dépôts de devenir un acteur international de la lutte contre le réchauffement climatique.
Graine de Sésame: La Caisse des Dépôts a récemment lancé CDC Climat, dont vous êtes directeur général délégué. Quelles ont été les motivations pour la création de cette filiale ?
Jean-Pierre Sicard: La Caisse des Dépôts a décidé de passer à une nouvelle étape stratégique pour son activité de lutte contre le changement climatique. Nous incubons des activités depuis plusieurs années et pensons désormais qu’il est temps de donner une identité à ces activités, en créant une filiale dédiée.
Quelles seront les activités de CDC Climat ?
Jean-Pierre Sicard: Nous intervenons dans 3 domaines :
- Tout d’abord, les services aux marchés du carbone. Il s’agit d’investir dans tout ce qui est nécessaire aux opérateurs et aux Etats pour que ces marchés, qui sont des outils de politique publique, se développent dans la sécurité et la transparence : bourses, registres, systèmes d’échange et de conservation d’actifs carbone. On a déjà développé un certain nombre de choses. Nous sommes actionnaires de BlueNext, qui est la bourse européenne du carbone. Aujourd’hui, les enjeux sont internationaux. CDC Climat, avec ses partenaires, compte saisir les opportunités ouvertes par la création de politiques climatiques dans différentes parties du monde.
- Ensuite, nous sommes investisseurs dans les actifs carbone. [Lire la suite →]
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avril 28, 2010
04
2010
Interview de Geneviève Férone, Directrice Développement durable, Veolia Environnement
Depuis 2008, Geneviève Férone est Directrice Développement durable de Veolia Environnement. Après ses études en Droit international, Geneviève Férone a intégré les Nations Unies pour traiter de sujets liés à l’environnement, l’énergie et les droits de l’homme. Après cette expérience, Geneviève Férone s’est orientée dans l’investissement socialement responsable, et a créé ARESE, la première agence française de notation ISR.
Dans son livre 2030 : Le Krach écologique, Geneviève Férone dresse un constat sur notre société et les enjeux de demain. Le changement climatique, la crise énergétique, la croissance démographique atteindront leur paroxysme en 2030 avec de grandes conséquences dans les modes de vie futures.
Graine de Sésame : Deux années se sont écoulées depuis la parution de votre livre,  Au jour d’aujourd’hui après le Grenelle de l’Environnement et Copenhague, avez-vous le même constat ou avez-vous noté des améliorations?
Geneviève Férone: En deux ans, les choses n’ont pas changé. Néanmoins, il y a eu une amélioration fragile sur la prise de conscience de l’opinion publique.
GdS: Vous dites « Fragile », est-ce à cause du semi-échec de Copenhague ?
Geneviève Férone: L’objectif de Copenhague était que tous les Etats s’entendent sur le seuil de tolérance des deux degrés d’augmentation globale. Les Etats devaient agir et s’accorder pour parvenir à ce résultat. C’est la première fois que nous avions une telle participation des chefs d’Etats. Nous avons dramatisé l’événement, en partie à cause de sa sur-médiatisation. Copenhague s’est transformé en une sorte de télé réalité. Avant, pendant et après le Sommet, les médias faisaient le point quotidiennement.  Les médias ont eu un rôle dangereux. Ils ont amplifié l’attente. Ils ont créé, indirectement, un climat de tension. Cette couverture médiatique est assez nouvelle en termes d’images et de résultats. Par ricochet, cette sur-médiatisation a permis la résurgence des messages climato-sceptiques.
Dans votre livre, vous dites que nous sommes schizophrènes, que nous savons qu’il y a danger mais nous n’y prêtons pas assez attention. Est-ce encore le cas aujourd’hui ?
Geneviève FĂ©rone: Effectivement, nous sommes toujours. [Lire la suite →]
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avril 7, 2010
04
2010
Interview d’Anne Gresle, Directrice Développement Durable de SAUR
Ingénieur chimiste de formation, Anne Gresle devient Directrice Développement durable du groupe SAUR début 2009. Sa mission est de formaliser la stratégie en matière de développement durable, de mettre en place les plans d’actions associés tout en impliquant les collaborateurs. Le groupe SAUR gère les équipements municipaux des collectivités dans le domaine de l’eau (usines de traitement, réseaux) et des déchets (collecte, tri et traitement). Il intervient également sur les centres aquatiques, les terrains de golf, les campings et les funérariums. Aujourd’hui, SAUR compte 13 000 collaborateurs, présents en France et à l’étranger.
Graine de Sésame a interrogé Anne Gresle dans le cadre de la Journée Mondiale de l’eau. Portrait sur SAUR et sur les enjeux liés à l’eau.
Graine de Sésame: Quelle est la place du développement durable chez SAUR ?
Anne Gresle : Dès 1995, SAUR s’est engagé dans le développement durable en étant un des premiers groupes français à faire certifier ses installations selon les référentiels internationaux en matière de Qualité, de Sécurité et d’Environnement. La démarche développement durable du Groupe s’est étoffée progressivement pour devenir aujourd’hui un des axes stratégiques de l’entreprise. L’objectif est de répondre aux nouveaux besoins des collectivités et des industriels en matière d’excellence environnementale, d’énergies renouvelables sans oublier de progrès social. Saur travaille ainsi autour de quatre grands domaines d’action : préserver la santé et l’environnement, innover pour les territoires de demain, développer le potentiel des hommes et des femmes et s’engager pour un monde plus durable.
GdS: Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de l’eau. Les préoccupations varient en fonction de la zone géographique. Ici, en France, quels sont les enjeux liés à l’eau ?
Anne Gresle : Les enjeux en France sont principalement liés à la qualité des masses d’eau. La Directive cadre européenne sur l’eau de 2000 fixe comme objectif le bon état écologique des masses d’eau d’ici 2015 ce qui suppose de mettre en place des outils efficaces pour collecter et traiter les effluents issus des activités humaines, qu’ils soient d’origine domestique, industrielle ou agricole. En effet, l’homme introduit dans l’environnement des molécules complexes, les phytosanitaires par exemple, que la nature a du mal à biodégarder. Il a donc la responsabilité de leur élimination pour préserver l’environnement.
La gestion quantitative des ressources en eau est aussi un enjeu dans certaines zones, dans l’Ouest de la France [Lire la suite →]
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avril 1, 2010
03
2010
Portrait de l’association DD IDF (Business Angel DD) par StĂ©phanie Savel
Stéphanie Savel a créé son agence de conseil en 1996, spécialisée en théâtragogie. Parallèlement à ses activités professionnelles, Stéphanie Savel est déléguée générale de l’association DD IDF (premier Business Angel dédié au développement durable).
Actrice chevronnĂ©e du dĂ©veloppement durable, elle nous dĂ©crit les activitĂ©s de l’association DD IDF et ses fonctions.
Vous avez une double casquette : en plus d’être associée d’ASG, vous participez au développement de DD IDF, premier business angel dédié au développement durable. Pouvez-vous nous présenter DD IDF et vos fonctions ?
Stéphanie Savel : DD IDF est une association créée en avril 2007. Je l’ai découverte et rejointe début 2009. Je me suis investie activement dans cette association, en raison de mes convictions fortes vis-à -vis du développement durable.
Au sein de DD IDF, j’assure les fonctions de déléguée générale. Je reçois des projets d’entreprises. J’analyse les projets et en sélectionne 4, qui seront présentés aux adhérents.
Quels sont les critères qui vous permettent de sélectionner les projets prometteurs ?
Stéphanie Savel: Le premier critère est d’analyser si le projet est directement lié au développement durable. Il se trouve au cœur du développement durable, lorsque l’entreprise propose ou produit des services qui contribuent à l’évolution des modes de production ou de consommation visant à réduire les émissions de CO2, alléger la pression à l’égard des ressources naturelles, augmenter la production d’énergies renouvelables et à répartir de façon plus équitable la richesse et la croissance. De ce fait, on mesure l’impact du projet sur la création d’emplois, les populations voisines et la gouvernance interne.
Comment investissez-vous dans les projets ? La décision est-elle prise de façon collégiale ?
StĂ©phanie Savel: L’investissement est individuel. DD IDF permet aux adhĂ©rents (entreprises, individus, personnes morales publiques) [Lire la suite →]
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mars 30, 2010
03
2010
Interview Stéphanie Savel, Cofondatrice d’ASG et membre de DD IDF (Business Angel DD)
Stéphanie Savel a créé son agence de conseil en 1996, spécialisée en théâtragogie. Parallèlement à ses activités professionnelles, Stéphanie Savel est déléguée générale de l’association DD IDF (premier Business Angel dédié au développement durable).
Actrice chevronnée du développement durable, elle nous explique ce qu’est le concept de théâtragogie puis la semaine prochaine elle nous présentera DD IDF.
Graine de Sésame : Pouvez-vous nous présenter les actions d’ASG ?
Stéphanie Savel: En 1996, ASG délivrait des conseils aux entreprises sur une problématique bien précise : l’aménagement du temps de travail. Dès le départ, nous avions eu l’idée de monter des pièces de théâtre, ce qui était pour nous un meilleur moyen d’aborder des questions sérieuses de façon décalée. Par ce biais, nous avons élargi notre champ d’interventions aux questions de société ayant un impact sur le monde du travail.
Nos pièces de théâtre tournent autour quatre grands thèmes : le stress (une pièce sur le harcèlement moral existe depuis 2000), le développement durable et la responsabilité sociale, l’équilibre vie privée/vie professionnelle et la diversité.
Vous faites de la théâtragogie, est-ce un mot qui existe dans le dictionnaire ? Est-ce vous qui avez créé ce concept ?
C’est un concept inventĂ© par nous. Il rĂ©sulte de la contraction des mots théâtre et pĂ©dagogie. Ce que nous proposons est diffĂ©rent du théâtre d’entreprise. [Lire la suite →]
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mars 24, 2010
03
2010
Interview Pauline Nantongo Kalunda, co-fondatrice d’Eco-Trust
A l’occasion de la JournĂ©e internationale de la Femme, Graine de SĂ©same souhaite vous faire dĂ©couvrir une femme exceptionnelle, rencontrĂ©e lors du forum des innovations financières pour le dĂ©veloppement. Pauline Nantongo Kalunda Ă©tait une des 20 finalistes du concours lancĂ© par l’AFD (Agence française pour le dĂ©veloppement), la Banque mondiale et the Bill and Melina Gates Fondation pour rĂ©compenser la meilleure innovation financière. C’est avec un grand sourire qu’elle nous a prĂ©sentĂ© son association Eco-Trust, The Environnemental Conservation Trust of Uganda.
Pauline a 39 ans. Depuis vingt ans, elle se consacre à l’environnement et à la biodiversité. Elle en a, d’ailleurs, fait son métier en étant conservatrice biologiste auprès de l’Autorité nationale des Forêts. En 1999, elle cofonde l’association Eco-Trust qui promeut la reforestation en Ouganda.
Graine de Sésame : Récemment, un glissement de terrain tuant 92 morts en Ouganda, a montré la nécessité d’agir pour le reboisement des forêts.
Pauline N.Kalunda : Les forêts sont une source de vie inestimable. Les forêts nettoient notre air, nous nourrissent, abritent des espèces menacés et protègent nos sols en retenant l’eau lors des crues. La déforestation accroît les glissements de terrain. Ayant travaillé pour l’Autorité nationale des Forêts, j’ai observé leur recul. Je devais réagir et faire de mon mieux pour encourager le plus d’Ougandais possible à préserver leur environnement.
Gd S : C’est pour cela que vous avez créé Eco-Trust.
Pauline N.Kalunda : Oui, Eco-Trust a été fondée en 1999 pour aider les fermiers à planter des arbres et à cultiver une agriculture forestière. Pour y parvenir, nous avons mis en place un système de vente et d’achat de CO2 en 2009. Nous vendons des crédits carbones qui correspondent aux plantations d’arbre. Avant ce système, c’étaient des donations qui nous permettaient de planter nos arbres.

GdS : Qui sont les principaux acheteurs de vos crédits carbones ?
Pauline N.Kalunda : Ce sont essentiellement des entreprises et des institutions qui achètent notre carbone. Cela leur est bĂ©nĂ©fique pour rĂ©duire leur empreinte carbone et participer au dĂ©veloppement Ă©conomique des fermiers. Le prix de la tonne de carbone est estimĂ© par rapport Ă l’accumulation de la biomasse. Les fonds obtenus rĂ©munèrent les fermiers, [Lire la suite →]
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mars 8, 2010
03
2010
Interview de Delphine Smagghe, Directrice Environnement et Développement durable, Mc Donald’s France
A l’origine ingénieur en agriculture, Delphine Smagghe travaille depuis onze ans pour Mc Donald’s France. Après avoir occupé le poste d’ingénieur Achat/Qualité, Delphine Smagghe a été nommée Directrice Environnement et Développement durable en 2005.
Graine de Sésame : Au quotidien, quelles sont les tâches du directeur Environnement et Développement durable ?
Delphine Smagghe : En 2005, nous avons réalisé le bilan carbone de Mc Donald’s France. A partir de ce bilan, nous avons dressé une feuille de route fixant les objectifs des années à venir. Mon métier consiste donc à assurer le suivi de tous les plans d’action mis en place à partir de ces feuilles de route. Egalement, notre rôle est d’accompagner les restaurants dans leurs démarches environnementales. Mc Donald’s a la particularité d’être configuré en multi-sites. Par conséquent, notre défi est de faire en sorte que nos 1 146 restaurants agissent au quotidien pour l’environnement. Pour cela, nous avons déployé plus de mille référents environnementaux.
GdS : Quel est le rôle du référent environnemental ?
Delphine Smagghe : L’application de nos objectifs, compte-tenu de notre configuration, ne peut se faire sur un modèle « top/down ». Dans ce cas, le référent permet de faire la liaison entre nous et les franchisés. Il sert de relais et fait monter l’information jusqu’à nous. Nous formons, par e-learning, le référent sur les tâches qu’il doit entreprendre auprès des restaurants. Grâce au logiciel Ecoprogress, créé en 2007, le référent pilote la consommation énergétique des restaurants. Le référent motive les équipes à adopter une démarche environnementale et contrôle les indicateurs environnementaux.
GdS : Quels sont les prochains objectifs de Mc Donald’s France en terme de développement durable ?
Delphine Smagghe : A l’issue de notre bilan carbone, nous avions fixé comme objectif la réduction de 8 %, par rapport au niveau de 2005, de nos émissions de gaz à effet de serre pour 2010. Le deuxième bilan carbone, réalisé en 2008, a révélé que nous avions déjà atteint cet objectif. Désormais, nous envisageons de réduire 60 % de nos émissions de CO2 d’ici 2020. Nous prenons en compte dans cet objectif les émissions liées aux produits agricoles, et même les déplacements de nos clients.
GdS : Comment comptez-vous parvenir Ă cet objectif ambitieux ?
Delphine Smagghe : Trois grands piliers structurent notre démarche :
Premièrement l’optimisation de nos emballages : depuis plus de 10 ans, nous optimisons le poids, la forme, les matĂ©riaux utilisĂ©s. Nous sommes parvenus Ă rĂ©duire nos emballages de 25 %. [Lire la suite →]
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mars 2, 2010
02
2010
Interview: Gonzalo Ferradás, investisseur dans le développement durable
Investisseur dans des fermes solaires, Gonzalo Ferradás est avant tout un passionné du développement durable. Cet Argentin qui contribue aux investissements dans les technologies vertes ne se limite pas à un intérêt commercial mais prône la nécessité de sensibiliser chacun à l’environnement. Il est persuadé que rentabilité et responsabilité ne sont pas incompatibles.
Graine de Sésame (GDS): Comment êtes vous impliqué dans le développement durable ?
Gonzalo Ferradás: Je suis un investisseur indépendant sur le marché du développement durable. J’investis dans plusieurs fermes solaires en Californie, en Toscane et en Sicile. Mon métier consiste principalement à rencontrer des entreprises innovantes et à choisir les projets auxquels je vais contribuer.
GdS: Vous n’investissez pas dans des fermes solaires en France ?
Gonzalo Ferradás: Jusqu’à dĂ©cembre 2009, la France aurait pu ĂŞtre un marchĂ© intĂ©ressant en termes de fermes solaires mais la dĂ©finition du nouveau cadre tarifaire de l’Ă©lectricitĂ© issue du photovoltaĂŻque solaire (la baisse de la tarification du Kw passant de 0.60 centimes Ă 0.42) diminue la rentabilitĂ© des projets. Par consĂ©quent les grandes banques prĂ©fèrent investir en Italie. Avant qu’on ne continue Ă s’intĂ©resser aux projets français, nous devons attendre que le gouvernement adopte une rĂ©glementation claire.
GdS: Que se passera t-il si la règlementation change en Italie ?
Gonzalo Ferradás: Je m’adapterai car le plus important est d’être réactif. Je pourrais investir dans la méthanisation en Allemagne. Le biogaz est en plein boom. La capture du méthane est un sujet qui passionne bon nombre de scientifiques. Certains s’intéressent notamment au méthane, émis par les vaches, qui contribue à l’effet de serre. En Argentine, des scientifiques ont mis au point un sac à dos capable de capter et stocker les gaz émis par les vaches. Ce sac quantifie la part de méthane et transmet directement les résultats aux scientifiques (voir article dans innovant mais insolite).
GdS: Vous avez vécu longtemps en Californie. Que pensez-vous de l’implication des américains dans le développement durable ?
Gonzalo Ferradás: Le concept n’est pas encore aussi populaire qu’en Europe. Seules les « élites » se sentent concernées par le développement durable.
Toutefois, une pratique innovante pourrait se dĂ©velopper aux Etats-Unis : « the zero carbon house ». Il s’agit d’une maison qui produit elle-mĂŞme la totalitĂ© de l’Ă©nergie dont elle a besoin et gère l’eau qu’elle utilise.
Vous souhaitez développer l’intérêt pour le développement durable en Argentine… Vous pouvez nous en dire plus ?
Gonzalo Ferradás: Mon pays est loin d’être impliqué dans le développement durable. Contrairement au Brésil où la situation évolue rapidement, en Argentine tout est à faire. Mon objectif est d’essayer de sensibiliser les Argentins à l’environnement.
Je compte pour cela investir dans les technologies vertes telles que l’énergie éolienne. Je prévois également de créer un institut spécialisé dans le développement durable qui aura pour objectif d’éduquer des jeunes issus de tout milieu social et de faire des plus passionnés de vrais spécialistes.
Par la suite j’espère aider Ă faire Ă©voluer la lĂ©gislation du pays. Les habitudes changeront petit Ă petit… Le principal est d’y croire !
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février 23, 2010









